21 février 2006

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Je ne sortais pas les jours suivant. Pas envie, pas la force. En plus d'être malade, je me sentais triste et fragile. J'avais le sentiment d'être replongée des mois en arrière quand j'attendais bêtement que quelque chose se passe... parce que je n'avais pas compris ce qu'il s'était passé. Pourquoi était-il parti ? Je ne le savais pas à l'époque, je ne le savais pas plus aujourd'hui. Il s'était tout simplement évaporé dans la nature, comme s'il n'avait jamais existé.

 

Quand je n'arrivais plus à me torturer l'esprit à propos du pourquoi du comment, tout notre passé me revenait en mémoire. Ses mains qui se posaient sur moi pour attraper ce chagrin que je ne savais plus porter seule. Les longs soirs où je passais mon temps muette, enfermée sur moi-même et où lui, me berçait doucement en attendant que le sommeil me terrasse. Je ressentais le manque de l'absence de mes parents, manque sur lequel je ne pouvais mettre de mots. Jusqu'au jour où ma grand-mère m'a envoyé les journaux intimes d'adolescente de sa fille, comme pour combler l'absence de ce passé que ma mère n'avait jamais pu me raconter. Devant mes yeux, j'ai vu dérouler ses doutes de jeune fille, ses disputes avec ses parents – ma grand-mère semblait sacrément peste avec ma mère alors que mon grand-père, que je n'avais pas connu, paraissait largement indifférent à sa fille.

 

Et puis, après sont arrivés ses carnets de jeune mariée et l'attente de ma naissance. La fébrilité de la jeune fiancée lors de son mariage, la joie d'apprendre qu'elle était enceinte et tous les petits détails sur sa grossesse : les coups de pieds que je lui donnais dans son ventre jusqu'aux premières contractions.

 

 

 

Il était resté silencieux, à côté de moi, respectant cette porte que j'ouvrais sur la vie de ma mère. Il me tenait contre lui et il ne lisait même pas les pages que je tournais fébrilement. Il était là, juste pour me rassurer, juste parce qu'il m'aimait.   

Posté par loonea à 15:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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